Une Haute Couture Spectaculaire : Le Défilé Iris Van Herpen.

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Le 1er octobre 2014, la créatrice néerlandaise présentait sa nouvelle collection printemps été 2015 sur les toits de Beaubourg. Une ambiance magnétique et des invités privilégiés, curieux et excentriques réunis pour assister aux performances presque artistiques d’Iris van Herpen.

« Sommes-nous toujours seuls propriétaires de nos corps ? », interroge Iris van Herpen à travers cette collection nommée Biopiracy pour laquelle elle a collaboré avec l’artiste belge Lawrence Malstaf,  et repris l’une de ses installations. Le lieu déjà hors du commun sort réellement de l’ordinaire : de jeunes mannequins semblent évoluer dans l’espace, coincées entre deux feuilles de polypropylène transparent, dont l’air semble se retirer petit a petit pour créer du sous vide. Autour d’elles, rôdent les créatures van Herpen, dans leurs compensées en résine moulée : des Aliens en robes mutantes. Au premier rang, Rick Owens, Tilda Swinton assise dans un coin, et Giovanni Pungetti, le PDG du groupe OTB (Diesel, Maison Martin Margiela, Viktor & Rolf), valident par leur présence : le ton est donné le défilé peut commencer.

La femme van Herpen est dotée de volumes étranges, de corps distordus. Les silhouettes sont organiques, les robes des sculptures. La créatrice incise au scalpel la soie brillante d’un bustier, greffe d’étranges reliefs en résine hérissés par l’attraction magnétique, texturise les cuirs et implante des piercings sous-cutanés dans la silicone molle. Ici les manteaux semblent être des chrysalides futuristes ; les robes des structures vivantes animées d’une vie propre.

A 29 ans, la timide et perfectionniste créatrice n’hésite pas à qualifier ses créations d’ « imparfaites ». Mais ici, ce qui nous subjugue, c’est la maitrise totale des moyens de haute technologie (notamment  l’utilisation de l’imprimante 3D), allié à un savoir faire artisanal de grand niveau, reliant avant-garde et tradition : hommage à son ancien maître, le défunt designer Alexander McQueen. Iris van Herpen nous plonge dans une installation immersive donc, hors des sentiers battus de l’industrie du style. Bravo.

Amrita Batsou, étudiante 3ème année