Des Mètres Carrés Habillés de l’Univers de Marque

burberry11_v_13sep12_pr_b_1440x960

Les marques de luxe sont de plus en plus nombreuses à investir dans des lieux de vente digne des palaces, pour renforcer leur visualité mais aussi dans le but de faire rêver. De l’artistique au digital, la guerre des flagships n’a jamais été aussi vive que ces dernières années.

Quand on s’appelle Hermès ou Burberry, et qu’on a un ensemble de codes, histoire et valeurs, il est indispensable de les faire perpétuer. C’est une question de visibilité, indispensable pour entretenir l’image de la marque. La maison Hermès l’a donc perçu en misant de plus en plus sur des flagships uniques où tous les détails sont soigneusement choisis. La griffe cavalière a ainsi ouvert en novembre 2010 sa boutique art-déco, située 17 rue de Sèvres, Paris 6ème arrondissement, sur la Rive Gauche. Anciennement piscine du Lutetia construite en 1935 et classée aux Monuments Historiques, le local de 1470 mètres carrés a subi un grand rafraichissement pour l’adapter aux valeurs de la marque. Les sens du visiteur sont éveillés au service d’un voyage dans l’histoire le maison. D’abord le mosaïque de l’entrée rappelle le sol de la boutique historique de la Maison alors que les marches de l’escalier en cuir sont un clin d’oeil à son savoir-faire. Les courbes des garde-corps s’accordent parfaitement avec les motifs des célèbres carrés de soie. Toutefois, il était question ici de mixer les traits art déco de l’ancienne piscine à l’univers Hermès. Même si l’architecte Denis Montel affirme « ne pas créer un temple de la consommation », ce lieu unique digne d’un musée ne manque pas de faire plonger les visiteurs au cœur même de l’univers Hermès.

Sur la même Rive, au 173 boulevard Saint Germain, se trouve le plus grand flagship européen de Ralph Lauren. Egalement ouvert en 2010, ce flagship de 2150 mètres carrés sur 4 étages offrent en plus des pôles Haute Couture et prêt-à-porter, un restaurant – le Ralph’s et un Watch Saloon où sont exposées les collections horlogères de la griffe américaine. De plus, des différents thèmes tels que le Cow Boy ou le Marin sont partagés d’un espace à l’autre, dédiés aux passions du créateur et les célèbres polos de la griffe. Ce bâtiment succédant à l’hôtel particulier parisien typique a permis au créateur « d’offrir un espace évoquant le glamour, la culture et les racines américaines de la marque ».

Quant à Burberry, le spectaculaire est au rendez-vous puisque la marque britannique a complètement relifté son flagship historique depuis 1820 au 121 Regent Street. Les tons sont plus luxueux et intimistes. Mais là n’est pas le plus étonnant. Cette boutique est qualifiée comme l’une des plus avancées technologiquement : un écran géant au pied du double escalier diffuse une animation vidéo, des écrans à taille humaine transformables en miroir sont installés à chaque rayon et le client conçoit son trench personnalisable directement sur des Ipad. L’audace que dégagent ces 2500 mètres carrés n’a pas laissé le public indifférent, qui n’a pas tardé à qualifier le flagship de « magasin vivant ».

Haitiwaji Gulhumar, Misse Rose Linda et Gomis Sandrine, étudiantes en 3ème année à l’EIML Paris