La Barrière Est Franchie, La Sanction Tombe

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C’est pour le magazine Elle UK que la première sanction tombe. En effet, la récente publicité de la marque de luxe : Saint Laurent, illustrant un mannequin « maladivement maigre » a été censurée le 3 juin 2015 sur la décision de l’autorité de surveillance de la publicité britannique.

Dans cette publicité, le mannequin, Valérie Kaufman, est allongée au sol. Les mains dans ses cheveux, dans une robe noire très décolletée, lascive, le jeu de lumières laisse entrevoir ses côtes saillantes et ses jambes d’une extrême maigreur. Dérangeant un lecteur du magazine Elle-UK qui l’a amené à porter plainte. Ainsi le 3 juin 2015, l’Autorité Britannique de régulation de la publicité (L’ASA) a réagi par l’interdiction de la publication Saint Laurent. De plus, l’ASA a spécifié que la marque Saint Laurent est « en désaccord avec la vision des plaignants sur le fait que le mannequin soit maladivement maigre ». Malheureusement, la maigreur n’est pas une nouveauté dans le monde de la mode, et sa banalisation est dramatique.

Ce diktat de la minceur a entrainé l’obsession de la maigreur… La « grossophobie », le « thigh gap », les régimes « couleur » ou « fourchette » sont devenus communs aux discussions féminines. Karl Lagerfeld s’en amuse : « J’ai perdu 43kg pour entrer dans les costumes d’Hedi Slimane. » Icônes, mannequins et créateurs véhiculent la quintessence même de la mode et définissent ce à quoi le monde « devrait ressembler ». Or, dans un monde d’excès, l’obsession frôle parfois la maladie. En effet, l’anorexie est devenue une sérieuse préoccupation. Cette pathologie psychiatrique présente le plus fort taux de mortalité et touche 30.000 à 40.000 personnes en France par an, dont 90% de femmes.

C’est pourquoi, l’Assemblée nationale a voté vendredi 29 avril, l’interdiction du recours à des mannequins trop maigres et dénutris, afin de lutter contre l’anorexie, dans le cadre du projet de loi sur la Santé. L’amendement du rapporteur Olivier Véran (PS), a d’abord été rejeté et finalement adopté, avec l’avis favorable de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui a considéré « préoccupante » la présentation de mannequins excessivement maigres. Il stipule que l’exercice d’une activité de mannequin est interdit à toute personne dont l’indice de masse corporelle est inférieur à certains niveaux définis. Les plus réticents craignaient à gauche comme à droite, que cette interdiction introduise une discrimination à l’embauche. Malgré cela, l’ASA est intervenue après la saisie d’une plainte. La prise de conscience quoique tardive de ces gouvernements, marque une nouvelle ère dans le monde de la mode.

 

Marie Doudakian et Léa Bekki,  3ème F EIML