Le mariage de Loulou de La Falaise ou le fantasme d’Orient de Saint Laurent

Le 30 juin 1976, Loulou de la Falaise épouse en seconde noce son grand amour Thadée Klossowski, fils du Peintre Balthus lors d’une réception somptueuse offerte par Pierre Bergé. La mariée est vêtue d’une robe unique aux influences orientales signée Saint Laurent sur un îlot du Bois de Boulogne, le Châlet des Iles. 1976 est l’année de la collection « Libération », quelques mois après le mariage sera lancé Opium, une ode à l’orientalisme à base de musc, de patchouli, de jasmin et d’ylan-ylang. Il est un hommage à la Chine impériale. La même année YSL  présente sa collection de haute couture « Chinoises ».

Ces deux points sont des marqueurs de leur époque. La libération est ici incarnée par Loulou, qui se marie en seconde noce, aux cotés de l’ancienne amante de son mari, au sein d’une foule mondaine et cosmopolite : « la vie de Loulou l’Anglaise, la New Yorkaise, et la vie de Thadée à Rome ainsi que leur vie parisienne à tous deux », selon Sandro Cassati auteur de Saint Laurent : l’enfant terrible.

Dans un second temps, la robe sur mesure faite par le couturier est nommée « harem & turbans ». Elle se compose d’un sari indien blanc, d’une coiffe en turban blanc avec un panache rouge relevé par des fleurs et des détails rouge sur la tenue, le marié intégralement en blanc la met en valeur. On peut imaginer qu’Yves Saint Laurent a pris très à cœur cette cérémonie, Loulou a beaucoup compté dans sa vie tant sur le plan personnel que professionnel. En témoigne l’investissement personnel du couple Bergé, Saint Laurent. Ces noces étaient elles un moyen pour le brillant couturier de vivre par procuration une sensation qu’il ne connaitrait jamais ? Il n’y a qu’un pas que je vous laisse la liberté de franchir.

Lawrence OTANI, Thibault  VANDINGENEN